Plâtre ou MAP : comment choisir ?

By Alex

Lorsque Chris est venu me prêter main-forte dans la rénovation de ma future maison, on s’est rapidement retrouvés face à un vrai casse-tête : quel matériau utiliser pour reboucher tous ces trous et fissures disséminés un peu partout ? Avec un mélange de supports dans chaque pièce — brique dans la cuisine, placo par-ci, parpaing par-là, sans oublier les zones où des bouts de placo s’étaient détachés après le retrait de l’ancienne faïence —, il fallait trouver une solution durable et adaptée. Et c’est de là que nous nous sommes demandés: plâtre ou MAP?

Connaître son support : la règle de base

Avant de choisir entre MAP (Mortier Adhésif pour Placoplatre) et plâtre, il est essentiel de comprendre la nature du support. Qu’il s’agisse de placo, de brique, de parpaing, ou même de béton, chaque matériau a ses particularités qui influencent le choix et la durabilité du rebouchage.

Les murs en placo, par exemple, sont légers et peu denses, alors qu’un mur en brique ou en parpaing est bien plus rigide. Cette différence de densité impacte directement la tenue du rebouchage : un produit de rebouchage trop rigide sur un support flexible risque de se fissurer avec le temps. C’est pourquoi, on privilégie souvent le MAP pour des supports solides comme le parpaing ou la brique, alors que le plâtre, plus souple, convient bien aux surfaces lisses et moins denses, comme le placo.

Une règle à retenir : le MAP adhère fortement et devient très dur en séchant, ce qui en fait une solution robuste pour sceller des éléments lourds ou remplir des trous profonds dans des matériaux rigides. En revanche, il peut fissurer si utilisé sur un support léger ou souple, comme le placo, qui pourrait bouger légèrement. À l’inverse, le plâtre est plus permissif : il peut être appliqué sur une couche de MAP en finition, mais l’inverse peut poser problème à cause de la différence de rigidité. D’où également un principe à ne pas oublier: on ne met pas un revêtement dur sur un revêtement tendre.

Faire un choix selon son support

Comment choisir entre MAP et plâtre ?

Pour bien choisir entre MAP et plâtre, il est essentiel de comprendre les usages ainsi que les avantages et inconvénients de chacun. Ces deux matériaux de rebouchage ont des caractéristiques distinctes qui les rendent adaptés à des situations spécifiques.

Le mortier adhésif : robustesse et adhérence

  • Adhérence puissante : Le MAP est apprécié pour sa capacité à adhérer fermement aux supports solides comme le parpaing et la brique. Il est idéal pour des applications nécessitant une forte résistance, comme fixer des plaques de placo sur des supports rigides.
  • Idéal pour les gros trous et scellements : Grâce à sa densité, le MAP convient bien pour les saignées profondes dans des murs en brique ou l’encastrement de boîtes pour prises électriques. Pour des réparations où une forte adhésion est primordiale, il apporte une stabilité structurelle idéale.
  • Ponçage difficile : Une fois sec, le MAP devient très dur, ce qui rend le ponçage laborieux. Si une finition lisse est souhaitée, il est recommandé de l’appliquer en retrait et d’ajouter une couche d’enduit de lissage plus facile à poncer.

Le plâtre : souplesse et finition esthétique

  • Facilité de ponçage : Le plâtre est facile à poncer, offrant ainsi une finition lisse et homogène, idéale pour les petites réparations et les zones visibles.
  • Finition lisse : Sa texture fine fait du plâtre un choix parfait pour des applications de surface, comme reboucher des petits trous de cheville dans le plâtre ou réparer des saignées superficielles sur des murs recouverts de plâtre.
  • Technique et rapidité nécessaires : Le plâtre prend rapidement, ce qui peut compliquer son application pour les novices. Il est important de bien doser et de travailler vite.

Ni plâtre, ni MAP : le PF3, la solution ?

Le PF3, également connu sous le nom de colle pour carreaux de plâtre (auparavant de marque Lafarge et aujourd’hui Siniat), est une solution souvent mise en avant par les professionnels du bâtiment. Cette colle présente plusieurs avantages qui en font un choix judicieux pour des travaux de rebouchage et de collage.

Prise rapide et facilité de ponçage : Le PF3 prend rapidement, ce qui permet de travailler efficacement. Une fois sec, il peut être poncé facilement, offrant une finition lisse et agréable.

Usage professionnel : Utilisé depuis des années sur les chantiers, le PF3 est largement recommandé par les électriciens et plombiers. Beaucoup d’entre eux optent pour un mélange de plâtre et de PF3 (environ 2/3 de plâtre pour 1/3 de PF3) pour bénéficier des avantages de chaque produit : la prise rapide du plâtre et la souplesse du PF3, qui permet d’obtenir une surface plus lisse lors du ponçage.

Économie : Bien que le sac de PF3 coûte généralement le double d’un sac de plâtre, il est souvent jugé plus rentable à long terme, car il permet de réduire le temps de travail et d’optimiser les finitions.

Polyvalence : Le PF3 se comporte comme du plâtre classique, ce qui le rend facile à travailler.

Moins de fissures : Grâce à sa souplesse, le PF3 est moins susceptible de se fissurer par rapport au MAP, qui, une fois sec, peut devenir très dur et rigide.

En résumé, le PF3 est une alternative intéressante pour ceux qui cherchent à combiner les avantages du plâtre et du MAP. Que ce soit pour des petits trous ou des travaux plus conséquents, cette solution semble répondre aux attentes des professionnels et amateurs de bricolage. C’est cette solution que nous avons choisi, sans regrets!

A propos de l'auteur
Alex
J'adore bricoler, ça me permet de m'évader et d'être utile. J'ai mis ma passion au service de mon activité d'achat et de revente de biens avec Chris.

5 réflexions au sujet de “Plâtre ou MAP : comment choisir ?”

  1. Bonjour Alex
    J’ai un mur porteur au sous sol qui est un mur en terre (ancien mur à raisin de 50 cm d’épaisseur) dont l’enduit en plâtre est partièlement tombé laissant le mortier de jointoiment en terre à nu
    Je pense refaire le nivellement avec du Map qui adhèrera sur la pierre mais j’ai un doute sur les joints de terre
    Bien cordialement
    Jean-Jacques

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    • Bonjour Jean-Jacques,
      Dans votre cas, je vous déconseille d’utiliser du MAP directement sur les joints en terre. Le MAP est un mortier adhésif très dur et peu perspirant : il risque de mal accrocher sur un support meuble comme la terre et de se décoller avec le temps, surtout en milieu potentiellement humide comme un sous-sol.
      Pour un mur en terre et pierre, on privilégie plutôt :
      * Un enduit à la chaux (chaux aérienne ou NHL selon le niveau d’humidité), qui laisse le mur respirer et adhère bien sur la terre et la pierre.
      * Ou, pour de petites reprises, un mélange terre + chaux ou un mortier de chaux allégé.
      Conseil : avant de refaire l’enduit, dépoussiérez bien les joints en terre et humidifiez légèrement la surface pour favoriser l’accroche.
      Le MAP pourrait être utilisé ponctuellement uniquement sur les parties pierre très stables, mais il vaut mieux rester sur des matériaux compatibles avec la nature respirante de votre mur pour éviter tout problème d’humidité ou de fissuration.
      N’hésitez pas à faire appel à un pro !

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  2. Bonjour Alex et merci pour tes conseils, ils sont précieux !
    Je suis en train de restaurer un appartement ou plusieurs supports sont présents au niveau des murs et il est vrai que chaque artisan a sa propre recette pour reboucher les fissures, certains préfèrent le plâtre, d’autre le MAP… dur de faire son choix et de savoir qui a raison.
    Dans mon cas j’ai des murs en parpaings qui sont enduits de plâtre, j’ai purger les fissures en les ouvrants au maximum et prévois un entoilage complet dans de l’enduit frais avec une toile de renfort avec armature fibre de verre une fois les fissures rebouchées.
    Mais voilà, j’entends soit qu’il faut respecter le support d’origine pour reboucher les fissures (dans mon cas donc, reboucher au plâtre) , soit “au contraire” utiliser du MAP, plus dur, qui résistera mieux. Je ne sais plus vraiment qui écouter. J’ai peur que le MAP plus dur et moins “malléable” n’accepte pas les futurs fissures qui voudraient réapparaitre et fissure plus vite que le plâtre. Ais-je tord ?
    Je répète qu’après l’étape “rebouchage” il y aura une toile + 2 couche d’enduit de finition.

    Et qu’en est-t’il de l’enduit de rebouchage dans tout ça ?

    Merci d’avance pour tes conseils.

    Bien cordialement, Louis

    Merci d’avance

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